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Recommandations pour le traitement de la coqueluche et stratégies pour l’éviction des épidémies

La difficulté du traitement de la coqueluche vient du fait que les antibiotiques ne sont efficaces que durant la phase catarrhale, qui est souvent pauci-symptomatique. Durant la phase paroxystique, lorsque la toux est présente, le traitement antibiotique n’a que peu d’effet sur la maladie elle-même, mais est recommandé pour limiter la transmission de la bactérie à d’autres personnes vulnérables, ainsi que l’éclosion d’une flambée de coqueluche. Durant la phase convalescente, le traitement antibiotique n’est pas recommandé, même si le patient tousse encore. Sans traitement, on estime que la période de contagiosité est de 21 jours dès le début de la toux, sauf chez les nourrissons où elle peut être plus longue. Avec le traitement antibiotique, il est possible de réduire la période de contagiosité à 5 jours après le début de traitement. Occasionnellement, dans des contextes particuliers (possible contact tardif avec une personne vulnérable ou dans un milieu hospitalier), il est nécessaire de confirmer par PCR dans les sécrétions nasopharyn
gées l’éradication de la bactérie en fin de traitement. Le traitement antibiotique est résumé dans le tableau. A noter que la clarithromycine est enregistrée en Suisse auprès de Swissmedic dès l’âge de 6 mois; cependant, l’Office Fédéral de la Santé Publique (OFSP) la recommande dès l’âge d’un mois dans un contexte de coqueluche. La durée du traitement a été largement étudiée et revue dans une méta-analyse. Les recommandations actuelles privilégient un traitement court avec de l’azithromycine pendant 5 jours pour minimiser les problèmes de compliance et les effets secondaires. Des traitements encore plus courts de 3 jours d’azithromycine sont parfois employés, mais l’évidence disponible d’efficacité pour cette durée de traitement raccourcie est actuellement insuffisante pour l’intégrer dans les recommandations officielles. Cependant, des cas de B. pertussis résistants aux macrolides ont récemment été décrits et une surveillance épidémiologique et bactériologique est indispensable dans les années à venir.

Informations complémentaires

Auteurs
Klara M. Posfay-Barbe

Prof. Ulrich Heininger, Universitäts­Kinderspital beider Basel (UKBB)