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Petit effort, grand effet – Dépistage dans les services d’urgence pour adultes du risque de mauvais traitements des enfants

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Le protocole vise à dépister l’éventuelle mise en danger du bien des enfants.

A new protocol forscreening adults presenting with their own medical problems at the Emergency Department to identify children at high risk for maltreatment.

Diderich HM, Fekkes M, Verkerk PH, Pannebakker FD, Velderman MK, Sorensen PJ, Baeten P, Oudesluys-Murphy AM.

Abstract

Identifying child abuse and neglect solely on the grounds of child characteristics leaves many children undetected. We developed a new approach (Hague protocol) based on characteristics of parents who attend the Emergency Department (ED) because they have the following problems: (1) intimate partner violence, (2) substance abuse, or (3) suicide attempt or other serious psychiatric problems. The goal of this protocol is to enable the Reporting Center for Child Abuse and Neglect (RCCAN) to rapidly assess family problems and offer voluntary community based support to these parents. The aim of this study is to assess whether this protocol for screening adults presenting for care in the Emergency Department can identify children at high risk for maltreatment. A before and after study was conducted at 9 EDs in 3 regions in the Netherlands (one intervention region and 2 control regions). During the period January 2006 to November 2007, prior to the introduction of the Hague protocol, from a total of 385,626 patients attending the ED in the intervention region 4 parents (1 per 100,000) were referred to the RCCAN. In the period after introduction of the protocol (December 2007 to December 2011), the number rose to 565 parents from a total of 885,301 patients attending the ED (64 per 100,000). In the control region, where the protocol was not implemented, these figures were 2 per 163,628 (1 per 100,000) and 10 per 371,616 (3 per 100,000) respectively (OR=28.0 (95 CI 4.6-170.7)). At assessment, child abuse was confirmed in 91% of referred cases. The protocol has a high positive predictive value of 91% and can substantially increase the detection rate of child abuse in an ED setting. Parental characteristics are strong predictors of child abuse. Implementing guidelines to detect child abuse based on parental characteristics of parents attending the adult section of the ED can increase the detection rate of child abuse and neglect allowing appropriate aid to be initiated for these families.

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Commentaire

Dans le numéro 2018; 99(16):527-528 du Bulletin des médecins suisses BMS est parue, en allemand uniquement, une tribune sous le titre « Kleiner Aufwand, grosse Wirkung » (« Petit effort, grand effet ») – https://saez.ch/de/article/doi/saez.2018.06663/ – évoquant la mise en pratique, sous forme d’étude pilote dans 3 hôpitaux zurichois, d’un protocole mis au point au Pays-Bas1). Ce protocole vise à dépister l’éventuelle mise en danger du bien des enfants lorsqu’un adulte est admis dans un service d’urgences suite à de la violence domestique, à un abus de substances, une tentative de suicide ou autre trouble psychique sévère. Ces situations sont reconnues comme étant des facteurs de risque de mauvais traitements, et pourtant il est apparu que la question « Est-ce qu’il y a des enfants chez vous ? » n’est pour ainsi dire jamais posée dans les services d’urgence, bien qu’il ne soit pas rare que dans de telles circonstances un ou des enfants se trouvent en difficulté. Comme l’explique le Dr Georg Staubli du Groupe de protection de l’enfant de la Clinique pédiatrique universitaire de Zurich, il ne s’agit pas de faire de la délation, mais il est intéressant de constater que la police est obligée de signaler aux OPEA les situations de violence domestique lorsque des enfants vivent dans le ménage, alors que cette obligation n’existe pas pour les hôpitaux. L’objectif de la démarche est essentiellement préventif. Dans l’étude hollandaise, le nombre de signalements nécessitant une intervention et une prise en charge a augmenté de manière impressionnante dans la région où a été conduite l’étude en comparaison à deux régions contrôle.

Informations complémentaires

Auteurs
Dr. med. Rudolf Schlaepfer, Tête-de-Ran 49, 2300 La Chaux-de-Fonds